Read Mémoires du marquis d'Argens contenant le récit des aventures de sa jeunesse, des anecdotes et des observations sur plusieurs événemens du règne de Louis XV, et des personnes de ce temps by Jean-Baptiste De Boyer D'Argens Online

Title : Mémoires du marquis d'Argens contenant le récit des aventures de sa jeunesse, des anecdotes et des observations sur plusieurs événemens du règne de Louis XV, et des personnes de ce temps
Author :
Rating :
ISBN : 20742925
Format Type : ebook
Number of Pages : 433 Pages
Status : Available For Download
Last checked : 21 Minutes ago!

Mémoires du marquis d'Argens contenant le récit des aventures de sa jeunesse, des anecdotes et des observations sur plusieurs événemens du règne de Louis XV, et des personnes de ce temps Reviews

  • Yann
    2019-06-11 08:22

    Cet ouvrage est la biographie du marquis d’Argens (1703-1771), un turbulent officier puis avocat français du XVIIIème siècle qui écrivit des ouvrages philosophiques marqués par le déisme et le scepticisme du siècle, sans compter ceux plus équivoques qu’on lui attribue de manière douteuse et controversée. Il fut en particulier un de ceux que le fameux roi de Prusse Frédéric II fit venir près de lui(view spoiler)[Le marquis d'Argens et Frédéric II de Prusse (hide spoiler)], et attacha par une pension, et qu’il distingua particulièrement en faisant construire un mausolée(view spoiler)[ (hide spoiler)] à sa mémoire dans sa ville natale d’Aix-en-Provence. Je n’avais aucune idée particulière sur ce personnage, et ce livre m'a permis de mieux le connaître.Une longue préface intéressante fait un résumé de ses relations avec Frédéric II, agrémenté d’une foule d’anecdotes qui éclaire ce que furent les relations entre ces deux hommes. Si Frédéric II avait une certaine estime pour son hôte, il la marquait de façon fort étrange, en multipliant les plaisanteries pour faire enrager cet homme devenu hypocondriaque, et presque superstitieux. Voltaire put par son indépendance financière se défaire de l’amitié parfois pesante du monarque éclairé, mais d’Argens était dépendant de son protecteur. D’Argens s’opposa à Voltaire quant au sort de Rousseau, ce dont Voltaire se vengea. Les mémoires de Voltaires offrent nous offrent son propre éclairage(view spoiler)[ (hide spoiler)]. Le rédacteur de la préface passe en revue les ouvrages de l’auteur, et déchire ceux qui peuvent paraître antireligieux, pour louer les autres, en ce qu’ils instruisent sur les mœurs de l’époque, en particulier celui-ci. Il offre également une anecdote assez étonnante sur la façon dont il put se faire introduire à Constantinople dans Sainte-Sophie(view spoiler)[photo de 1880 (hide spoiler)], qui était alors une mosquée, lui et son complice musulman prenant de graves risques.Le récit de sa vie couvre sa jeunesse et s’arrête à sa trentaine (1734), lorsqu’il fut blessé lors d’un combat et commença une nouvelle vie d’écrivain en Hollande, avant d’être remarqué par Frédéric II pour ses ouvrages. Cette jeunesse fut fort tumultueuse, car il n’est question dans tout le récit que d’aventures galantes, de séductions et de passions. Opposé aux desseins de son père qui veut en faire un avocat, il préfère plutôt embrasser la carrière militaire plus en accord avec la fougue de son tempérament. Il aime avec passion Sylvie, une actrice de théâtre, qui répond bientôt à ses empressements : ils s’enfuient en Espagne pour se marier. Sa famille, qui s’y oppose, le fait enfermer, et éloigne la belle avec de l’argent. Notre héros manque de se tuer par désespoir, et décide de chasser son chagrin par un voyage à Constantinople, pour accompagner l’ambassade (La France a toujours été alliée avec les Turcs). Les escales à Alger et à Tunis sont l’occasion de braver les lois locales pour séduire des femmes, et le danger encouru ne fait qu’augmenter le piquant. En Grèce, où il se marie pour une durée limitée, il ne peut s’empêcher dans ce temps de donner des cornes à son épouse. Ses conversations avec les Turcs roulent souvent sur la religion, et tout conspire à lui faire sentir qu’il n’y a partout qu’hypocrisie sur la question. De retour en Europe, il consume sa jeunesse dans des affaires de cœur qui ne tournent pas toujours à son avantage. On a quelque chose d’un peu semblable aux mémoires de Casanova, en infiniment moins riche, dans la mesure où il semble écrire sur sa jeunesse pour se distraire, avec cette distance bienveillante et nostalgique avec laquelle la sage vieillesse considère la folie par laquelle elle est passée pour s’instruire. Un passage assez intéressant roule sur l’affaire de 1731 du jésuite Jean-Baptiste Girard opposé à la Marie-Catherine Cadière, une mystique qui se croyait sainte et l’accusera de l’avoir abusée. L’affaire fit un bruit considérable car elle activa la querelle entre deux factions catholiques ennemies en France à cette époque : les molinistes, du côté du jésuite, et soutenus par le Roi, et les jansénistes, héritiers dans anciens ligueurs, qui soutiennent par principe la femme contre le jésuite. Les troubles vont jusqu’à l’émeute dans plusieurs villes quand l’arrêt élargi le jésuite. D’Argens affirme avoir interrogé les différents témoins, blanchis le jésuite, et déplore les débordements violents insupportables créés par les différents politiques qui prennent la religion pour prétexte pour exciter des tumultes. Le roman pornographique Thérèse philosophe fait clairement allusion à cette affaire qui a passionné la France, ce qui en fait un argument pour certain pour en faire d’Argens l’auteur.La dernière partie est un ensemble de lettres relatives à des anecdotes sur les amours des actrices de théâtre, et à des considérations sur le peu d’estime dont elles jouissaient (on les traitait de filles). Quelques considérations générales sur divers sujets sans intérêt autre que de nous permettre d’apercevoir les préjugés de l’époque, ne m’ont marqué que médiocrement. Biographie du Marquis d’Argens (auf Deutsch)["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>