Read Clairières Dans Le Ciel, 1902 1906: En Dieu, Tristesses, Le Poète Et Sa Femme. Poésies Diverses, L'église Habillée De Feuilles by Francis Jammes Online

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Title : Clairières Dans Le Ciel, 1902 1906: En Dieu, Tristesses, Le Poète Et Sa Femme. Poésies Diverses, L'église Habillée De Feuilles
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ISBN : 9782070321995
Format Type : Hardback
Number of Pages : 208 Pages
Status : Available For Download
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Clairières Dans Le Ciel, 1902 1906: En Dieu, Tristesses, Le Poète Et Sa Femme. Poésies Diverses, L'église Habillée De Feuilles Reviews

  • Pripri
    2019-02-08 00:35

    Comme c'est tout doux de voir un poète catholique si près de sa poésie et si loin de son Dieu. Ses chapelets s'appuient sur la douleur, pas sur la vénération et sa Marie a l'odeur d'un lys des champs, pas de l'infâme encens tore-larmes. Heureusement entourées par son retour au catholicisme, ses Clairières dans le ciel (et Tristesse) font de Jammes un grand-père de Maurice Carême et un fils de Coppée. On a connu généalogie plus glorieuse mais ça n'empêche pas notre Francis d'être un Rimbaud des Illuminations pastoral, au trait simplissime, à l'âme toute fine et à la sensibilité fragile, à la bonhomie éteinte par le chagrin et l'athéisme du christianisme (GM). La poésie accueille à nouveau cet ancien catholique, revenu de son illusion d'enfance, dans le giron du rêve :"Quand donc, pareil à un matelot fortuné,pourrais-je découvrir la plage de soleilde ses cheveux épars sur son corps allongécomme une île nouvelle au milieu du sommeil"puis elle le conduit doucement au réalisme sans artifice :"Laissez-moi ne penser à rien. C'est un ennuique de n'entendre parler que d'appendicite,de Nietzsche, de la Vie, d'on ne sait quoi ensuite.Les cornes des beaux bœufs luisent violemment,et la lumière bleue enflamme le froment."Or Jammes a pris son plus grand chagrin d'amour pour une preuve et l'a transformé en amertume :"Si tout ceci n'est qu'un pauvre rêve, et s'il fautque j'ajoute, dans ma vie, une fois encore,la désillusion aux désillusions;et, si je dois encore, par ma sombre folie,chercher dans la douceur du vent et de la pluieles seules vaines voix qui m'aient en passion :je ne sais si je guérirai, ô mon amie"C'est là qu'intervient Claudel, ce connard qu'il est de bon ton d'insulter, qui saura bien vite lui mettre le poignard de l’Éternel sous la gorge pour trancher les dernières racines de l'incrédulité qu'Amour avait infectées. Dieu ne lui enleva toutefois pas sa poésie ni son lyrisme, jamais emprunté, tout naturel, et où l'on sent toujours les accents du poète souffreteux perdu en religion :"Douce année à venir de la Vie éternelle :Primevères qui ne vous fanerez plus... Ailesd'oiseau jamais fermées... Iris... Et gaies ombrelles...Gaies ombrelles d'enfants, et rires d'un Jeudiqui ne finira plus... Silence de MidiJoie calme qui s'étend aux champs du Paradis....[...]Lorsque je serai mort, fermez-moi bien les yeuxpour qu'au dedans je voie enfin s'ouvrir les Cieux."(juillet)